02.03.2011

Fait(s) divers [ à la recherche de Jacques B]

La création a eu lieu à Aubusson et Rochefort, en janvier 2011, puis présenté à Avignon à La Manufacture.

Pour voir les dates de tournée 2011-12, aller dans la rubrique Calendrier.

 

Voir le journal de bord sur alarecherchedejacquesbonneau.blogspot.com/

Télécharger le dossier complet sur http://www.icimeme.fr/conteur.php?conteur=16&spectacl...


à propos de FAIT(S) DIVERS:

Après une immersion dans le monde social et politique, avec Sortie d’usine et Inventaire 68 , Nicolas Bonneau continue d’interroger notre société, et cette fois-ci, il s’attaque au fait-divers.

Le fait-divers, comme le roman noir, dévoile la face cachée des choses, de la société, de l’être humain, jusqu’à parfois l’élever au rang du mythe et de l’universel.

Malgré nos réticences (parfois) au voyeurisme, les faits-divers nous fascinent, car ils réveillent une part enfouie de nous-même. Lequel d’entre nous n’a pas un jour refreiné une pulsion ou une pensée hors la loi ?

Quelle est notre propre barbarie ? Pourquoi certains passent à l’acte ?

Pour traquer le fait-divers, Nicolas Bonneau a choisi de retracer le parcours d’un tueur en série ; non pas pour dresser un portrait complaisant de ce cas extrême, mais pour enquêter sur tout ce qu’il y a autour, les familles, les victimes, questionner la justice et la société.

Et aussi raconter une enquête — noire, burlesque et palpitante, celle du conteur roulant en Picardie sur les traces de Jacques B. , qui ne sait ce qu’il va découvrir…


L'ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR

« C’était en tournée. Un soir, à l’hôtel. Par réflexe, j’ai allumé la télévision. J’ai pris en cours une émission sur les tueurs en série (le serial-killer est à la mode ces temps-ci), et j’ai vu apparaître la photo d’un tueur qui avait sévi en Picardie dans les années 80, en assassinant des femmes de manière atroce. J’ai vu sa photo. Puis j’ai entendu son nom : Bonneau. Prénom Jacques. Le même nom que moi. La voix off du documentaire martelait son nom sur une musique de suspens : Bonneau ! Mon nom qui résonnait dans la pièce. Je suis resté scotché devant le poste, à la fois dégoûté et fasciné par les crimes commis. Fasciné aussi par ce patronyme partagé, comme si ce nom nous reliait, comme un fil invisible. Je n’avais pas du tout envie d’éteindre le poste. J’ai eu du mal à m’endormir ce soir-là. Je mentirais en disant que j’en ai fait des cauchemars. Simplement, il était dans mon sommeil.

Et le matin, au réveil, je savais. J’ai su qu’il avait quelque chose à me dire. J’ai trouvé ça presque drôle, inévitable, évident : faire un spectacle sur lui, enfin, autour de lui. Suivre ses traces. Bonneau qui enquête sur Bonneau, partir à sa recherche. Parcourir la Picardie en voiture. Gares, hôtels et restaurants routiers. Rencontrer ceux qui l’avait connu, ses parents, son avocat, les parents de ses victimes, un chroniqueur judiciaire… aller jusqu’à lui, en prison… ce matin-là , je me suis vu face à lui, le monstre, au parloir comme devant un miroir, fasciné par mon double noir, mon propre monstre et mon frère humain pourtant…

C’est comme ça que ça a commencé. Ça ne peut pas être un hasard si je me suis lancé sur ses traces. Impossible en tout cas, de raconter son histoire sans raconter la mienne. »

 

L’histoire qui se raconte : synopsis

En avril 199O, Jacques B, médecin généraliste dans une petite ville de Picardie, est arrêté en forêt de Compiègne, au petit matin, nu. La veille au soir, sa dernière victime s’est échappée et a prévenu la police, il a alors pris la fuite, poursuivi par les policiers, durant une nuit entière. Jacques B était un notable respecté, marié, deux enfants, bon père, bon époux. Rien ne laissait présager que pendant 11 années, il a tué de manière atroce, 7 femmes. Rien d’extérieur. Pourtant , il fût soupçonné en 1989, suite à une dénonciation anonyme deux ans avant son arrestation, mais relâché faute de preuves, il est aujourd’hui en centre de détention, où il purge une peine incompressible de 27 ans. 20 ans plus tard, en 2010, un conteur qui porte le même nom de famille que lui, décide de faire un spectacle autour de cette affaire. Alors qu’il enquête sur le terrain, il se retrouve lui-même entraîné dans une affaire qui le dépasse. Doutes, paranoïa, spirale rocambolesque, à s’approcher trop près de la vérité, on découvre ce qu’on ne voulait pas voir…


ROAD-MOVIE

C’est un road-movie français
C’est mon western
Mon film de guerre
Mon Apocalypse Now
Ma plongée au cœur des ténèbres
Mon enquête du commissaire Adamsberg
Mon côté obscur de la force
C’est une plongée vers l’intérieur
La part animale
La part sombre
Tout ce qui fait aussi l’Homme

C’est un road-movie physique et mental
à la recherche de mon propre monstre

C’est un voyage au centre d’un pays,
jusqu’à s’y enfoncer de plus en plus et devenir ce pays

S’enfoncer au centre d’un monstre
Devenir ce monstre, devenir ténèbres
Pas pour pardonner
ou excuser
ou être complaisant avec l’horreur et la douleur
Mais pour tâcher de comprendre cette part de notre humanité

Que ça rentre dans l’âme et le corps
S’oublier
S’enfoncer dans la nuit
Se perdre dans une forêt profonde
Dans cette horreur si inhumaine qu’elle contient peut-être une parcelle d’explication sur ce que nous sommes



LES PARCELLES DE LA MÉMOIRE

« Quand quelqu’un commet un crime, une horreur jamais commise jusque-là, alors il ouvre un tunnel et d’autres s’y engouffrent.

Quand on voit quelque chose de monstrueux, quelque chose s’en détache et reste en vous. Toute chose très belle ou très laide abandonne un fragment d’elle dans les yeux de ceux qui les regardent. On sait cela. C’est d’ailleurs comme cela qu’on les reconnaît. À cette parcelle qui demeure. Et après, on les range, ces petits bouts de choses qu’on a vues, on les dispose en étoile dans un grand carton qui s’appelle la mémoire. Impossible de les jeter. La mémoire n’a pas de poubelle. »


Fred Vargas



ENQUÊTER, COLLECTER, GLANER

Le collectage sera de nouveau au cœur de l’écriture, mais cette fois –ci, conduit comme une enquête, sur les traces du tueur. Ses lieux, ceux qui l’ont connu, croisé.
Des rencontres, avec des journalistes, des victimes ou parents de victimes, chroniqueurs judiciaires, brigade anti-viol de Paris qui assure notamment le suivi des victimes, avocats…
Des ateliers d’écritures dans les prisons.
Le tout rythmé par une auto-collecte sous la forme d’un journal de bord filmé.

ÉQUIPE DE CRÉATION

Mise en scène et collaboration à l ‘écriture: ANNE MARCEL

Régie Générale et lumière : Jean-Charles Esnault

Lumière : Xavier Baron

Musique : Mikael Plunian, avec la participation de Fannytastic