12.05.2009
Inventaire 68 (création 2008)
INVENTAIRE 68,
UN PAVÉ
DANS
L’HISTOIRE
De et par Nicolas Bonneau
Mise en scène, Collaboration à l'écriture : Anne Marcel
Lumières: David Mastretta
création festival Mythos 2008

Après l’aventure de Sortie d’Usine, d’après un collectage auprès d’ouvriers et dans des usines du Poitou-Charentes, Nicolas Bonneau continue d’interroger la mémoire sociale et politique de notre époque.
Ce « 68 » se veut tout à la fois ludique et humain, politique, polémique et porteur d’espoir.
Contribution à la mémoire de ceux qui ont vécu ces événements, de près ou de loin, sans concession ni glorification, en interrogeant notre histoire récente.
Étudiants, travailleurs, politiques, mouvements féministes, syndicats, ouvriers, bourgeois, enfants de 68, mais aussi ceux pour qui 68 n’a pas eu lieu, tous seront convoqués pour vous faire revivre ces événements.
68 expérience- cabaret politique et clandestin
Un spectacle en forme d’expérience, d’expérimentation.
Dans un lieu transformé pour l’occasion en cabaret politique, un homme vient, il raconte, la petite et la grande Histoire, les mots, les événements, les personnages apparaissent, les situations se mélangent, il rentre dans l’image, s’en sert, l’utilise ou se fait utiliser par elle.
Il questionne 68 pour faire résonner 2008.
On va rigoler, on va s’engueuler, on va se rencontrer.
Lancer nous aussi notre petit pavé.
collectage musical: les nouveaux partisans

Que sont-ils devenus, ceux de 68 ? Qu’en reste t-il aujourd’hui, dans un contexte ou 68 est montré du doigt et ou la révolution conservatrice s’impose.
68 reste un symbole fort, malmené ou glorifié, avec ses détracteurs et ses défenseurs. Une statue à déboulonner ou dont il faut s’inspirer.
« Moi, en 68, j’étais pas né.
Est-ce que dans mon coin de campagne, 68 a eu lieu ? Pas sur.
J’avais 15 et ça me faisait rêver, j’écrivais les slogans de 68 sur les murs de ma chambre. Ma mère gueulait, 68 elle s’en souvient pas.
Dès que je parle de cette période à des gens qui ont l’âge de l’avoir vécu, où à leurs enfants, la parole se met en marche, souvent volubile, avec des opinions souvent très tranchées, avec des choses à raconter, un âge d’Or. Ou bien le contraire, un énervement et un geste de la main qui balaie toute cette période comme on balaie un mauvais souvenir.
C’est ce matériau-là qui m’intéresse le plus. Les gens.
L’imaginaire aussi, celui des mots, des chansons, des figures, des symboles, des peurs ou des goûts de révolte.
À l’heure où l’on entend tout et son contraire sur cette période, j’ai envie d’explorer les paroles de ceux qui ont vécu ces années, comme un bout d’histoire qui a des similitudes et des répercussions sur nos vies d’aujourd’hui.
Comment Raconter 68?
Raconter les événements.
Le mois de mai au jour le jour, comme on raconte une histoire dans l’Histoire.
« La France s’ennuie », titrait un grand quotidien du soir. Ailleurs dans le monde, ça bouge. Comment ça a démarré, premières barricades, relais des médias, grèves dans les usines, manifs, France bloquée, plus d’essence, De Gaulle rend visite à Massu, ouverture des pompes à essence, élections… Un vrai suspens à raconter.
(Voir Presse)
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“Nicolas Bonneau se nourrit de la petite histoire des gens pour raconter les grandes luttes sociales, pour rendre hommage aux “déshérités”, aux humbles, mais aussi pour pousser un coup de gueule ! Il nous rappelle sans cesse qu’être artiste est une fonction et non une profession.” Maël Le Goff
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18:00 Publié dans INVENTAIRE 68, UN PAVÉ DANS L'HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 68, conte, bonneau



Commentaires
Bonjour Nico,
J'ai déjà remarqué les efforts qu'on prépare pour évacuer totalement la mémoire de Guy Debord de tout ce qui s'en vient. C'est quand même gros, un peu, hum ? Comme faire un musée sur les pyramides d'Égypte qui évite soigneusement le mot Pharaon. En tout cas. Je constate avec jovialité que la désinformation a au moins autant la pêche chez vous que chez nous ! Ça c'est chouette !
Bises,
Ton show rockait, à Nantes !
Encore bravo,
É.
Ecrit par : McComber | 05.11.2007
40 ans après, que nous reste-t-il de mai 68 ?
Nicolas Sarkozy, dans un discours prononcé le 29 avril à Bercy, veut tourner la page de mai 68. Quelques extraits :
«La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler […]. Pour la première fois depuis des décennies, la morale a été au coeur d’une campagne présidentielle.»
« Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid […]. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître […], proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit. »
Plus loin, à propos des dérives du capitalisme financier, il ose :
« Voyez comment l’héritage de mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 68 ».
A l’opposé Gérard Filoche, qui fut un acteur de mai 68 (quand Sarkozy, lui, n’avait que 13 ans), lui rétorque par un livre dont le titre annonce la couleur :
« Mai 68, Histoire sans fin. Liquider mai 68 ? Même pas en rêve ! »
«Que de haine contre le plus grand mouvement de grève de l’Histoire de France !
Il y eut deux mai 68. L’un : superficiel, mondain, marginal; l’autre: social, révolutionnaire, solidaire… Sarkozy a fait « l’ouverture » avec le mai 68 mondain (Kouchner) dans son gouvernement de contre-révolution conservatrice. Son but ? Battre les héritiers du vrai mai 68, celui des employés et ouvriers qui continuent à lutter pour une autre répartition des richesses, pour le droit au travail, les salaires et les retraites. »
Et vous ? Que défendrez-vous de cette époque pas si lointaine qui n’est toujours pas enseignée dans les cours d’Histoire de France ?
Nous vous proposons de participer à la constitution d’une exposition d’art postal, qui présentera vos positions, vos réflexions, vos témoignages, votre vision de cet évènement qui ne fut pas seulement Français et pas essentiellement étudiant. Vos textes seront lus, enregistrés et passés en boucle sur l’expo.
Parce que Mai 68 fut aussi un tourbillon créatif, envoyez-nous votre enveloppe décorée, colorée, lumineuse, éclatante de vie, qui illustre où complète votre propos. A vos pinceaux, collages, photos, gravures, crayons … Pas de format interdit ni imposé (objets postaux acceptés). Pas de jury, pas de sélection. Toutes les enveloppes seront exposées. Pas d’hésitations, TOUT PASSE A LA POSTE.
Un petit mot sur l'art postal :
Il sort momentanément l'art des galeries et des musées. Dans ces expositions se côtoient des oeuvres d'artistes connus mais qui restent ici anonymes et des oeuvres de débutants, parfois de sérieuses surprises.
Il est basé sur l'échange et le don, il coûte la même chose à tous : de la créativité, un peu (ou beaucoup) de temps, 2 connections de neurones, et le tarif du timbre en vigueur.
Il respecte certaines des conditions d'une réelle communication : liberté d’expression, plaisir de donner et de recevoir ; prendre le temps de concevoir, et celui de répondre, parler « de sa place » en s’exprimant à partir d’une préoccupation ou d’un thème abordés collectivement ...Il permet à certains de reprendre le chemin de l'écriture et restaure le plaisir d'ouvrir sa boîte à lettres. Et pour finir, la plupart de ces enveloppes ne passent pas dans les machines à oblitérer (pas conformes !). Plus il y en aura, plus il faudra de monde au tri !!! Pas de petites résistances ni d'utopies inutiles.
Date limite d’envoi de vos travaux : 15 avril 2008.
Adresse d’envoi : Mouvement Politique d’Education Populaire – La Vigarié – 81340 Saint-Cirgue.
Pour une analyse un peu originale du sujet vous pouvez consulter le lien suivant : http://www.gfen.asso.fr/documentligne/mai68.htm#15txt
et/ou lire l’ouvrage de l’historienne états-unienne Kristin Ross « Mai 68 et ses vies ultérieures ». Complexe -Monde diplomatique, 2005.
Pour une découverte rapide de ce qu’est l’art postal vous pouvez également consulter ce lien : http://www.avenirdattac.net/spip.php?article228
Ecrit par : sabine Jauffret | 02.03.2008
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