13.05.2009

SORTIE D'USINE (création 2007)

SORTIE D’USINE !

[ Récit du monde ouvrier ]


à la rencontre de Gilbert Simoneau...

 

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« Un patron, quand il te donne ça,
dès que tu relâches la pression, il te le reprend aussitôt »



Voir un extrait de Sortie d'Usine (Vassivière, août 2007)

http://www.dailymotion.com/video/x3rnq9_nicolas-bonneau-s...


 

 

écouter un extrait (présentation de l'atelier de confection)

podcast

photos à "l'étincelle", à Rosporden (Finistère, 2009)

http://joomeo.fr/showcase.php?id=79f7c78040cfcb7345ed73a0...

 

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Au sujet de l’Usine.


« Tu vois, se réapproprier sa mémoire,
c’est quand même mieux que de l’oublier, non ? Non ?»
(extrait d’un témoignage)


La question a souvent été posée au cours de ces derniers mois : « pourquoi un tel sujet ?
— Pourquoi tu fais ça ? ont demandé nombre d’ouvriers lors du collectage.
— Un spectacle sur l’usine, hum, intéressant, ont répondu certains autres.
— Ça intéressera personne ton truc !
D’autres encore ont dit : «Pour qui il se prend celui-là, pour parler de l’usine, il est pas ouvrier !», et en général, ce n’était pas des ouvriers non plus.

Alors se pose la question de la légitimité de cette prise de parole.
Et puis, on ne se la pose plus, parce qu’en parler, et essayer de le faire honnêtement, c’est déjà y répondre.


"
Un soir, mon père est rentré, en disant :
— c’est fini, j’arrête l’usine, je me barre. »
On a rigolé.
Ça fait dix ans qu’il dit ça.
— C’est fini, j’arrête, j’en ai marre d’être pris pour un con.
— Il te reste plus que dix ans à tirer, tu peux bien aller jusqu’à la retraite, pourquoi tu fais des histoires, a dit ma mère.
Et il a arrêté son métier de soudeur.
J’ai trouvé ça tellement courageux. Je me suis rendu compte que je ne m’étais jamais demandé ce qu’il avait fait pendant ces 35 dernières années.
Je me suis souvenu qu’à l’école, en face de profession des parents, je mettais "employé d’usine", parce que j’avais honte d’écrire "OUVRIER".
(extrait du spectacle)


On semble parfois oublier, qu’il existe encore en France une classe ouvrière : on délocalise, on met à la retraite, on licencie, on privilégie le secteur tertiaire…
On reste figé sur des clichés d’usine, ceux des années 50, notamment.
Derrière le mot Usine, il y a la culture ouvrière, des familles, des métiers pénibles, des savoir-faire, des rêves, des peurs, des souffrances.
Derrière le mot Usine, il y a ce qu’on imagine, il y a ce qu’on connaît et ce qu’on ne connaît pas. À part les ouvriers, qui connaît vraiment l’Usine ?

Quel est le sens du mot « travail » aujourd’hui ; et d’ailleurs, quel sens a ce mot ?
Quel vocabulaire pour quels gestes ?
Quelles vérités ces hommes et ces femmes ont-ils à nous révéler sur l’évolution de notre société? L’usine a changé depuis 50 ans. Les hommes et les femmes aussi.

Autour du monde ouvrier, la petite et la grande histoire se rencontrent, pour des récits puisés auprès de ceux qui les ont vécus.


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Sortie d’usine : Qui sont-ils ?

Gilbert sort du lotissement qui le conduit chaque matin à l’usine. Un atelier d’usinage dans une usine de chimie lourde. Sa femme travaille dans la confection. Juste à côté, dans le marais, les tuileries ont presque toutes fermé. Ce matin, coup de fil de l’agence d’intérim. Sylvia trouve que le boulot de sa mère, « c’est vraiment l’enfer ». Hier soir dimanche, veille du lundi matin et du boulot qui reprend, Marie-Claire a encore vomi. Il faut souder la cuve dans la poussière de Chrome et de Nickel. L’usine c’est la mort parfois. Parfois aussi, on rigole.
Il y a des usines désaffectées, des montées à Paris pour la manif, des syndicats et des piquets de grèves, des coups de gueules et des coups à boire, des matins difficiles et des quotidiens qui ne demandent qu’à chanter.


"
— Alors, qu’est-ce qu’il vous a appris mon Gilbert ? Il est beau mon Gilbert, c’est un doux, un rêveur, jamais un mot plus haut que l’autre contre son patron. C’est pas vrai, Gilbert ? T’es comme ton père… Gilbert, il s’engage pas…
Gilbert a posé sa main sur la table.
—Demain, 4H00. Je t’y emmène, moi, dans la grande forteresse. "
(extrait du spectacle)



Le spectacle « Sortie d’usine »est aussi une enquête, l’enquête d’un fils d’ouvrier qui cherche à comprendre pourquoi son père a arrêté l’usine au bout de 35 ans.

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Le collectage.

En mai 2006 a commencé une période de collectage dans la région Poitou-Charentes et plus particulièrement en Deux-Sèvres. Donc, des usines dans un contexte rural.

Pendant plusieurs mois, certains ont accepté de parler : des retraités, des actifs, des syndiqués de tous bords, hommes, femmes, militants, résistants, cheminots, infirmières, cadres, patrons…
D’autres ont refusé : « C’est déjà suffisamment pénible en ce moment, avec les licenciements, alors si en plus faut en parler le soir. »
Des usines de différents secteurs se sont laissé approcher: métallurgie, pétrochimie, automobile, plasturgie, confection, chaîne du froid, laiterie, tuilerie, usines désaffectées.

Ils ont ouvert leur porte, celle de leur maison, celle de leur usine, celle de leurs souvenirs.
Ils disaient : « On rien à dire… », mais leurs paroles étaient la vie même.
Les voix se rassemblent, témoignages d’une réalité sociale, d’humains ordinaires qui posent leur regard sur la société, les Petits et les Grands de ce monde, l’évolution du politique et de l’économique, la mondialisation, la famille, le temps qui passe au quotidien, les combats menés et ceux qui restent à gagner.

« Pendant votre spectacle, j’étais en colère,
et puis par moments, apaisé d’avoir entendu ces mots.
On n’entend jamais ces mots au théâtre…»
(extrait d’un témoignage)



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Équipe de création.


De et par Nicolas Bonneau.

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Mise en scène et collaboration à l’écriture :
Anne Marcel.

Metteur en scène et comédienne, elle travaille en électron libre avec différentes compagnies depuis 1993. Formation classique au conservatoire de Tours, puis auprès de JL. Cochet, C. Boso, F. Faye, G. de Facques, B. Bidaude, P. Matéo, afin d’acquérir des connaissances pluridisciplinaires. Artiste associée au Nombril du Monde, elle s’intéresse aux formes narratives du spectacle. Elle a notamment créé et mis en scène, « Le petit monde Monsieur Franck » (co-production scène nationale d’Angoulême et Le Beau Monde) et a collaboré à l’écriture et à la mise en scène de « Tracteur Cheval », avec JC. Botton.

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Lumières :
David Mastretta.

Avant d’être créateur lumière, notamment pour le groupe musical Julot Torride et différentes troupes théâtrales à Poitiers et dans le Limousin, il a été correspondant local pour le Populaire du Centre, projectionniste, a passé une licence d’ethnologie. De toutes ces expériences, il a acquis une sensibilité propre à nourrir son travail artistique.


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Scénographie du spectacle :
Vanessa Jousseaume.

Scénographe, elle co-dirige depuis 2003 la compagnie Les Oreillers Rouges (Chef-Boutonne, 79). Elle s’intéresse particulièrement à l’articulation entre les Arts vivants et l’architecture, le patrimoine. Elle est préoccupée par l’accompagnement scénographique du conte et par la recherche d’équilibre entre le décor et la parole. Elle est également diplomable en architecture.


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Lieux de représentation.

Le spectacle a été créé dans une configuration classique de salle en frontal.
La scénographie et la lumière sont cependant adaptables à des lieux non spécifiquement théâtraux, dans une mise en scène plus minimaliste.
Il est également envisagé de pouvoir adapter l’espace de représentation à des lieux industriels tel que friches, usines, laiteries...