23.12.2007
Inventaire 68 (création 2008)
création au festival Mythos 2008
INVENTAIRE 68,
UN PAVÉ
DANS
L’HISTOIRE
De et par Nicolas Bonneau
Collaboration artistique : Anne Marcel
Lumières et bande sonore: David Mastretta
Après l’aventure de Sortie d’Usine, d’après un collectage auprès d’ouvriers et dans des usines du Poitou-Charentes, Nicolas Bonneau continue d’interroger la mémoire sociale et politique de notre époque.
Ce « 68 » se veut tout à la fois ludique et humain, politique, polémique et porteur d’espoir.
Contribution à la mémoire de ceux qui ont vécu ces événements, de près ou de loin, sans concession ni glorification, en interrogeant notre histoire récente.
Étudiants, travailleurs, politiques, mouvements féministes, syndicats, ouvriers, bourgeois, enfants de 68, mais aussi ceux pour qui 68 n’a pas eu lieu, tous seront convoqués pour vous faire revivre ces événements.
68 expérience- cabaret politique et clandestin
Un spectacle en forme d’expérience, d’expérimentation.
Dans un lieu transformé pour l’occasion en cabaret politique, un homme vient, il raconte, la petite et la grande Histoire, les mots, les événements, les personnages apparaissent, les situations se mélangent, il rentre dans l’image, s’en sert, l’utilise ou se fait utiliser par elle.
Il questionne 68 pour faire résonner 2008.
On va rigoler, on va s’engueuler, on va se rencontrer.
Lancer nous aussi notre petit pavé.
Que sont-ils devenus, ceux de 68 ?
Qu’en reste t-il aujourd’hui, dans un contexte ou 68 est montré du doigt et ou la révolution conservatrice s’impose.
68 reste un symbole fort, malmené ou glorifié, avec ses détracteurs et ses défenseurs. Une statue à déboulonner ou dont il faut s’inspirer.
« Moi, en 68, j’étais pas né.
Est-ce que dans mon coin de campagne, 68 a eu lieu ? Pas sur.
J’avais 15 et ça me faisait rêver, j’écrivais les slogans de 68 sur les murs de ma chambre. Ma mère gueulait, 68 elle s’en souvient pas.
Dès que je parle de cette période à des gens qui ont l’âge de l’avoir vécu, où à leurs enfants, la parole se met en marche, souvent volubile, avec des opinions souvent très tranchées, avec des choses à raconter, un âge d’Or. Ou bien le contraire, un énervement et un geste de la main qui balaie toute cette période comme on balaie un mauvais souvenir.
C’est ce matériau-là qui m’intéresse le plus. Les gens.
L’imaginaire aussi, celui des mots, des chansons, des figures, des symboles, des peurs ou des goûts de révolte.
À l’heure où l’on entend tout et son contraire sur cette période, j’ai envie d’explorer les paroles de ceux qui ont vécu ces années, comme un bout d’histoire qui a des similitudes et des répercussions sur nos vies d’aujourd’hui. »
Comment Raconter 68?
Raconter les événements.
Le mois de mai au jour le jour, comme on raconte une histoire dans l’Histoire.
« La France s’ennuie », titrait un grand quotidien du soir. Ailleurs dans le monde, ça bouge. Comment ça a démarré, premières barricades, relais des médias, grèves dans les usines, manifs, France bloquée, plus d’essence, De Gaulle rend visite à Massu, ouverture des pompes à essence, élections… Un vrai suspens à raconter.
POURQUOI À MYTHOS :
“Nicolas Bonneau se nourrit de la petite histoire des gens pour raconter les grandes luttes sociales, pour rendre hommage aux “déshérités”, aux humbles, mais aussi pour pousser un coup de gueule ! Il nous rappelle sans cesse qu’être artiste est une fonction et non une profession.”
13:00 Publié dans INVENTAIRE 68, UN PAVÉ DANS L'HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 68, conte, bonneau
24.07.2007
SORTIE D'USINE (création 2007)
SORTIE D’USINE !
[ Récit du monde ouvrier ]
à la rencontre de Gilbert Simoneau...
« Un patron, quand il te donne ça,
dès que tu relâches la pression, il te le reprend aussitôt »
TÉLÉCHARGER LE DOSSIER Sortie_d_Usine_4_Web.2.pdf
Voir un extrait en copiant ce lien:
http://www.dailymotion.com/nicobonneau/video/x3rnq9_nicolas-bonneau-sortie-dusine_creation
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Au sujet de l’Usine.
« Tu vois, se réapproprier sa mémoire,
c’est quand même mieux que de l’oublier, non ? Non ?»
(extrait d’un témoignage)
La question a souvent été posée au cours de ces derniers mois : « pourquoi un tel sujet ?
— Pourquoi tu fais ça ? ont demandé nombre d’ouvriers lors du collectage.
— Un spectacle sur l’usine, hum, intéressant, ont répondu certains autres.
— Ça intéressera personne ton truc !
D’autres encore ont dit : «Pour qui il se prend celui-là, pour parler de l’usine, il est pas ouvrier !», et en général, ce n’était pas des ouvriers non plus.
Alors se pose la question de la légitimité de cette prise de parole.
Et puis, on ne se la pose plus, parce qu’en parler, et essayer de le faire honnêtement, c’est déjà y répondre.
"
Un soir, mon père est rentré, en disant :
— c’est fini, j’arrête l’usine, je me barre. »
On a rigolé.
Ça fait dix ans qu’il dit ça.
— C’est fini, j’arrête, j’en ai marre d’être pris pour un con.
— Il te reste plus que dix ans à tirer, tu peux bien aller jusqu’à la retraite, pourquoi tu fais des histoires, a dit ma mère.
Et il a arrêté son métier de soudeur.
J’ai trouvé ça tellement courageux. Je me suis rendu compte que je ne m’étais jamais demandé ce qu’il avait fait pendant ces 35 dernières années.
Je me suis souvenu qu’à l’école, en face de profession des parents, je mettais "employé d’usine", parce que j’avais honte d’écrire "OUVRIER".
(extrait du spectacle)
On semble parfois oublier, qu’il existe encore en France une classe ouvrière : on délocalise, on met à la retraite, on licencie, on privilégie le secteur tertiaire…
On reste figé sur des clichés d’usine, ceux des années 50, notamment.
Derrière le mot Usine, il y a la culture ouvrière, des familles, des métiers pénibles, des savoir-faire, des rêves, des peurs, des souffrances.
Derrière le mot Usine, il y a ce qu’on imagine, il y a ce qu’on connaît et ce qu’on ne connaît pas. À part les ouvriers, qui connaît vraiment l’Usine ?
Quel est le sens du mot « travail » aujourd’hui ; et d’ailleurs, quel sens a ce mot ?
Quel vocabulaire pour quels gestes ?
Quelles vérités ces hommes et ces femmes ont-ils à nous révéler sur l’évolution de notre société? L’usine a changé depuis 50 ans. Les hommes et les femmes aussi.
Autour du monde ouvrier, la petite et la grande histoire se rencontrent, pour des récits puisés auprès de ceux qui les ont vécus.
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Sortie d’usine : Qui sont-ils ?
Gilbert sort du lotissement qui le conduit chaque matin à l’usine. Un atelier d’usinage dans une usine de chimie lourde. Sa femme travaille dans la confection. Juste à côté, dans le marais, les tuileries ont presque toutes fermé. Ce matin, coup de fil de l’agence d’intérim. Sylvia trouve que le boulot de sa mère, « c’est vraiment l’enfer ». Hier soir dimanche, veille du lundi matin et du boulot qui reprend, Marie-Claire a encore vomi. Il faut souder la cuve dans la poussière de Chrome et de Nickel. L’usine c’est la mort parfois. Parfois aussi, on rigole.
Il y a des usines désaffectées, des montées à Paris pour la manif, des syndicats et des piquets de grèves, des coups de gueules et des coups à boire, des matins difficiles et des quotidiens qui ne demandent qu’à chanter.
"
— Alors, qu’est-ce qu’il vous a appris mon Gilbert ? Il est beau mon Gilbert, c’est un doux, un rêveur, jamais un mot plus haut que l’autre contre son patron. C’est pas vrai, Gilbert ? T’es comme ton père… Gilbert, il s’engage pas…
Gilbert a posé sa main sur la table.
—Demain, 4H00. Je t’y emmène, moi, dans la grande forteresse. "
(extrait du spectacle)
Le spectacle « Sortie d’usine »est aussi une enquête, l’enquête d’un fils d’ouvrier qui cherche à comprendre pourquoi son père a arrêté l’usine au bout de 35 ans.
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Le collectage.
En mai 2006 a commencé une période de collectage dans la région Poitou-Charentes et plus particulièrement en Deux-Sèvres. Donc, des usines dans un contexte rural.
Pendant plusieurs mois, certains ont accepté de parler : des retraités, des actifs, des syndiqués de tous bords, hommes, femmes, militants, résistants, cheminots, infirmières, cadres, patrons…
D’autres ont refusé : « C’est déjà suffisamment pénible en ce moment, avec les licenciements, alors si en plus faut en parler le soir. »
Des usines de différents secteurs se sont laissé approcher: métallurgie, pétrochimie, automobile, plasturgie, confection, chaîne du froid, laiterie, tuilerie, usines désaffectées.
Ils ont ouvert leur porte, celle de leur maison, celle de leur usine, celle de leurs souvenirs.
Ils disaient : « On rien à dire… », mais leurs paroles étaient la vie même.
Les voix se rassemblent, témoignages d’une réalité sociale, d’humains ordinaires qui posent leur regard sur la société, les Petits et les Grands de ce monde, l’évolution du politique et de l’économique, la mondialisation, la famille, le temps qui passe au quotidien, les combats menés et ceux qui restent à gagner.
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Équipe de création.
De et par Nicolas Bonneau.
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Mise en scène et collaboration à l’écriture :
Anne Marcel.
Metteur en scène et comédienne, elle travaille en électron libre avec différentes compagnies depuis 1993. Formation classique au conservatoire de Tours, puis auprès de JL. Cochet, C. Boso, F. Faye, G. de Facques, B. Bidaude, P. Matéo, afin d’acquérir des connaissances pluridisciplinaires. Artiste associée au Nombril du Monde, elle s’intéresse aux formes narratives du spectacle. Elle a notamment créé et mis en scène, « Le petit monde Monsieur Franck » (co-production scène nationale d’Angoulême et Le Beau Monde) et a collaboré à l’écriture et à la mise en scène de « Tracteur Cheval », avec JC. Botton.
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Lumières :
David Mastretta.
Avant d’être créateur lumière, notamment pour le groupe musical Julot Torride et différentes troupes théâtrales à Poitiers et dans le Limousin, il a été correspondant local pour le Populaire du Centre, projectionniste, a passé une licence d’ethnologie. De toutes ces expériences, il a acquis une sensibilité propre à nourrir son travail artistique.
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Scénographie du spectacle et du mémorial :
Vanessa Jousseaume.
Scénographe, elle co-dirige depuis 2003 la compagnie Les Oreillers Rouges (Chef-Boutonne, 79). Elle s’intéresse particulièrement à l’articulation entre les Arts vivants et l’architecture, le patrimoine. Elle est préoccupée par l’accompagnement scénographique du conte et par la recherche d’équilibre entre le décor et la parole. Elle est également diplomable en architecture.
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Lieux de représentation.
Le spectacle a été créé dans une configuration classique de salle en frontal, avec un plateau de 6 mètres d’ouverture sur 4 de profondeur.
La scénographie et la lumière sont cependant adaptables à des lieux non spécifiquement théâtraux, dans une mise en scène plus minimaliste.
Il est également envisagé de pouvoir adapter l’espace de représentation à des lieux industriels tel que friches, usines, laiteries...
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Poursuivre la réflexion.
« Pendant votre spectacle, j’étais en colère,
et puis par moments, apaisé d’avoir entendu ces mots.
On n’entend jamais ces mots au théâtre…»
(extrait d’un témoignage)
Il est apparu, au fur et à mesure de nos expériences, que ce spectacle ne peut pas être seulement un spectacle, que le thème et les réactions doivent en être prolongées, accompagnées d'un espace de sortie, pour continuer de recueillir les réactions et combler le manque de tout ce qui n'a pas été dit, pour être ensemble, et que l’art remplisse sa fonction politique.
conception de cet espace de mémoire vivante post-spectacle: Vanessa Jousseaume, scénographe et architecte
TéLéCHARGER le dossier du mémorial
MemoireMémorial
En accompagnement de « Sortie d’Usine », il s’agit de proposer aux spectateurs un espace d’échange et de discussion sur les thématiques abordées par le spectacle, autour d’un objet sonore réactif,
d’une part diffuseur de mots (litanie de noms, professions, chiffres des licenciements, entreprises, bénéfices…) et évocations sur le monde ouvrier (extraits de témoignages, archives sonores),
d’autre part capteur des paroles de spectateurs.
Cet objet, qui prolongera le collectage engagé, sera complémentaire de la scénographie du spectacle, qui en déterminera l’esthétique.
Le répondeur.
Pour poursuivre le collectage, une ligne téléphonique est ouverte et réservée, et chacun pourra réagir, en laissant sa voix sur un répondeur. Pour simplement témoigner, ou prendre rendez-vous pour discuter et enrichir les histoires.
12:00 Publié dans SORTIE D'USINE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nicolas, bonneau, conteur, conte, usine, ouvrier, social
01.04.2007
PROJET 2009
PROJET 2009: HOMME & MONSTRE
Une parade de monstres,
À la manière des zoo humains du début du siècle
Des cirques forains
D’un laboratoire scientifique
Ou d’un plateau de télévision
Des hommes et des femmes sont exhibés comme des animaux.
Pas des humains à l’allure physique difforme,
Non,
Il s’agit ici de montrer le monstre moral,
Celui que la difformité a atteint à l’intérieur,
Et qui vit au milieu de la société.
Le Bonimenteur-narrateur.
Un bonimenteur explique, montre et commente, c’est un montreur de phénomènes, donc monstre lui-même ; quand à ceux qui regardent et payent pour regarder, ne sont ils pas eux-mêmes des monstres ?
La Parade.
La Parade est un étalage d’une chose ou de soi, dans le but de se faire valoir. C’est aussi une cérémonie, rituel, scène burlesque que l’on joue devant un théâtre forain pour inciter le public à rentrer.
Les Monstres.
Le premier sens du mot Monstre vient de Monstre vient de montrer, faire paraître au regard. Cela peut désigner un être au physique et aux mœurs étranges. Un être de légende, être mythologique. Quelqu’un de bizarre, d’extraordinaire, de prodigieux.
Et puis, il y a le Monstre qui dévore l’intérieur, le Monstre qui franchi les frontières du mal, qui passe au-delà des règles sociales. Le barbare. Ceux que nous ne voulons pas voir. Ceux qui nous dégoûtent en même temps qu’ils nous fascinent. Eux dont la télévision et la presse se délectent.
Histoires individuelles, histoires collectives.
Il y a les histoires individuelles de chacun, ceux qui sont là, exposés. Ils parlent, ils témoignent.
Il y a une photographie sociale de la société qui les engendre et entretient.
Il y a l’histoire qui se déroule entre eux, rencontre des monstres, du bonimenteur et de vous-même avec eux, avec vous-même.
Il y a la voix des bourreaux, des victimes, des chasseurs, du législateur.
Pourquoi ça ?
Le but de tout ça est de pouvoir regarder certaines choses en face, chez les autres, chez soi, de ne pas se faire de cadeaux et de pouvoir en rire aussi. Le rire sera important pour que tout cela ne soir pas insupportable.
C’est de se confronter à ce qui fait mal, de comprendre pourquoi le mal nous fascine.
D’entendre en parallèle des voix des victimes et de bourreaux.
Aussi pour dire que nous sommes responsables de ce que nous faisons. Et que la lâcheté est le premier pas vers la monstruosité.
L’équipe.
On reprend les mêmes et on recommence, après Sortie d'Usine et 68, nouvelle aventure, ensemble...
Texte et jeu : Nicolas Bonneau
Mise en scène :collaboration artistique : Anne Marcel
Lumières : David Mastretta
Musique/musicien : Stéphane Pelletier, saxophone baryton
1°étapes de travail:
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RENTREE 2008: collectage centre de détention
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JUIN 2008 / 2° CHANTIER AU FESTIVAL "COURT TOUJOURS", POITIERS (direction artistique Jean Boillot)
contenu en cours...
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AOUT 2007 / 1° CHANTIER AU NOMBRIL: SALES VIEILLES PEURS
impressions...
Sur la scène, un homme en costume, il ramasse un morceau de papier, va au micro :
-Peur n°36, j'ai peur de vieillir!
Puis il va jeterl e papier dans une urne.
Ca recommence.
Un autre homme entre. Prend la guitare. Ca parle dans le micro.
"Elles sont là
Enfouies
En nous
Depuis la nuit des temps
Peurs d’enfance, peurs d’adulte, peurs de toujours
Superstitions, malédictions, croyances
Campagne profonde ou toute proche
Coin des rues.
Un frisson moite dans le dos
On a beau savoir, on a quand même envie d’y croire !
On a beau pas y croire, on aime se faire peur !
Elles sont là
Enfouies
En nous
Elles... Ce sont nos sales vieilles peurs"
Ca s'énerve. Ca s'adoucit.
ça balance entre traditionnel et modernité, c'est frontal, direct, brut, à la façon d'un concert,
c'est distancié, intime et sans concession,
c'est du conte noir qui met des coups de pieds là où ça fait mal.
Parfois aussi on rigole.
Trois contes, trois cercles:
- Le cercle magique: la peur sociale, ancestrale, la superstition profonde. Qu'est-ce qui est le plus dangereux, la peur du loup ou le loup lui-même?
- Le cercle politique: l'instrumentalisation de la peur, les médias, la peur de l'autre. La peur comme outil du pouvoir pour imposer la dictature, rendre chacun méfiant et haineux de l'autre... et parfois, ça s'immisce sans qu'on s’en rende compte.
- Le cercle intime: la peur de soi, du monstre en soi, jusqu'à la folie... qui n'a pas eu peur. Seul. Un bruit. Une pensée. Un moment et on bascule vers un ailleurs.
Et puis, au milieu de tout ça, comme un fil rouge, nos petites peurs intimes: scandées, balancées à la volée, lues, écrites, jetées en pâture, entre voix et musique.
C'est aussi un hommage à l'oeuvre de l'écrivain Claude Seignolle.
Texte et conte : Nicolas Bonneau
Musique : Laurent Delage à l'harmonica, accordéon et guitare
collaboration artistique: Anne Marcel
Lumière: David Mastretta
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Création sur le thème de la peur, à l'occasion d'une carte blanche proposée par le Nombril du monde, "nocturne au jardin" du 17 août 2007.
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Extrait des petites peurs intimes:
J’ai peur
J’ai peur que la peur me fasse peur d’avoir peur
Je t’attends
Tu es en retard
5, 10, 15 minutes
tu n’arrives pas
et si tu n’arrivais pas, plus, jamais
si tu m’avais oublié
si tu ne m’aimais plus et que tu ne voulais plus me voir
non
tu arrives
tu as 30 minutes de retard
je te serre fort
trop fort tu dis : tu me serres trop fort
tu me repousses
tu es agacé, tu dis
je demande : tu ne m’aimes plus ?
quand j’étais enfant
j’avais une boîte
dès que j’avais une peur ou une angoisse
je l’écrivais sur un morceau de papier
et je mettais le morceau de papier dans la boîte
je ne sais pas si ça marche mais ça soulage
sous mon lit
un crocodile
si je sors une jambe, est-ce qu’il va me dévorer ?
J’ai peur
J’ai peur que la peur me fasse peur d’avoir peur
17:20 Publié dans projet 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conte, peur, fantastique
31.03.2007
JEUNE PUBLIC
Télécharger le dossier JEUNE PUBLIC
DossierPresentationJeunePublic.pdf
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LA TRÈS VÉRIDIQUE ET LAMENTABLE ODYSSÉE DU PEUPLE DES NAINS
Conte-Récit Jeune Public > NICOLAS BONNEAU
À partir de 7 ans > durée 55 min
"Création Officielle Octobre 2008"
Mise en scène: Anne Contensou
<< Une tempête. Terrible et gigantesque. Sur leur radeau de fortune, Niki, le guide du peuple des nains, et ses compagnons. Soudain, un cri. Celui d’une mouette au-dessus de leur tête. Terre ! terre ! C’est l’île d’Avalon, la terre promise du peuple des nains. Mais bientôt, Niki a la nostalgie de la société des hommes, ou plutôt la nostalgie d’une femme. Il décide de revenir...>>
Ainsi commence la très véridique et lamentable odyssée du peuple des nains.
Il ne reste plus du peuple des nains que de vagues souvenirs, des traces inconscientes, de petites statues en plâtre ridicules qui ornent nos jardins. Mais autrefois, les nains étaient bien réels et vivaient dans nos maisons, sous le plancher, dans nos murs. Compagnons invisibles qui rendaient services ou méchanceté, c’était selon. Ils utilisaient et recyclaient les objets des Hommes pour construire leur propre société.
Nous aurions pu continuer de tout ignorer de leur existence. Un jour pourtant, un enfant tombe malade. Il doit garder le lit pendant plusieurs semaines. C’est alors que chaque soir, il reçoit la visite de Niki, qui lui raconte l’épopée du peuple des nains, leur départ, leur périple et le pourquoi de son retour.
Aujourd’hui, cet enfant devenu grand, veut transmettre cette histoire, parce que nous les avons oubliés et que si nous nous souvenons d’eux, ils reviendront peut-être.
Un périple du Petit Peuple,
entre odyssée,
épopée rabelaisienne
et combat des petits contre les géants.
Texte et jeu :Nicolas Bonneau
Collaboration artistique : Vanessa Jousseaume et Anne Marcel
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La rencontre avec Niki
<< Ma mère m’avait confiné dans mon lit et dans ma chambre. Trois semaines d’isolement avait dit le docteur. Je me retrouvais prisonnier comme dans un sortilège, avec les oreilles qui bourdonnent et des plaques rouges sur la peau. Rien à faire d’autres que de s’ennuyer. Pourtant, dès le premier soir, j’ai entendu quelque chose qui grattait sous mon oreiller. Et une petite voix qui m’appelait. Je l’ai vu, vu comme je vous vois. Un petit être grand comme ça, recouvert de poils avec un crâne tout pointu. Je n’ai pas crié. Je n’ai pas eu peur.
Il y avait des sillons sur ses joues. Il pleurait.
— Comment tu t’appelles, j’ai demandé.
— Je m’appelle Niki et j’ai besoin de ton aide. Autrefois, j’habitais cette maison moi aussi. Mais les Hommes nous ont poussés à partir.
Et chaque soir, Niki venait se poser sur mon oreiller pour me raconter son histoire et celle de son peuple. >> (extrait)
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Conte Jeune Public > NICOLAS BONNEAU
CONTES POUR LES MORVEUX !
À partir de 4 ans > 35 à 50 min selon les âges
Les Contes pour les Morveux ! marchent sur les traces de toutes les enfances, la nôtre,
celles de nos enfants, parents et grands-parents.
Les Morveux, ce sont ceux qui posent toujours des questions. Des comment ? Des pourquoi ?
Entre ville et campagne, nature et animaux, fable, conte moderne et conte traditionnel.
Lorsqu’on vient de la ville pour habiter à la campagne ou lorsque l’on a tout simplement perdu le fil des saisons,
les « pourquoi » et les « comment » du monde qui nous entoure se posent à nous :
Pourquoi le tournesol suit-il le soleil ?
Comment sont nés les points d’eau ?
« Si t’es pas sage, on te donnera à la Mère Misère ! »
Antonine sèche l’école, oh, un escargot…
Petite Mauricette s’est perdue dans le métro, vite une allumette !
Entre temps, mon caméléon change de couleur,
et dans ce coquillage, la mer raconte une chanson…
Autant de questions et de phénomènes étranges qui trouvent leur réponse dans le merveilleux et le fantastique, pour des explications qui semblent finalement très raisonnables.
Tour de conte qui interpelle les enfants, puis les incite à l’écoute avant de leur demander de participer physiquement, le tout rythmé par des objets, comptines et jeu de mains, pour que le rythme des histoires s’adapte à l’âge des enfants
Âge et disposition de la salle :
Dans la mesure du possible, il est préférable de regrouper les enfants selon leurs tranches d’âge.
L’idéal est un cadre intime, où les enfants sont assis autour du conteur, sur des tapis, coussins ou couvertures.
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Dis Pourquoi?!
<< Quand je me lève le matin, que j’ouvre mes volets et que je regarde le monde, je suis toujours surpris.
Je me pose toutes sortes de questions.
Sur le soleil, le vent et les arbres, sur les fruits, les animaux, les nuages et les pierres...
Parfois, je me pose même des questions sur les êtres humains, comment c’est fait au-dedans, à l’intérieur...
Des questions sur tout, je vous dis!
Quand j’étais petit, je demandais toujours «pourquoi?», «comment?», à mon père, à ma mère, à mon grand-père et ma grand-mère...
«Dis, pourquoi?», «Dis, comment?»
Alors, mon grand-père m’avait surnommé le morveux (parce que j’avais toujours la morve au nez) qui pose toujours des questions!
Et vous, quelles questions vous posez-vous? >> (extrait de l'introduction)
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17:45 Publié dans JEUNE PUBLIC | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jeune public, conte
25.01.2007
Stages Conte
STAGES POUR CONTEURS AMATEURS, ENSEIGNANTS, ENFANTS, ANIMATEURS:
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TOUS PUBLICS
- Atelier Parent-Enfant, Poitiers, 17 mai, Scène Nationale.
- CHU de Poitiers: en direction de la petite enfance
- Auxerre, lycée professionnelle agricole. Thème: le bleu n'a pas la côte!
Auxerre, amis du Théâtre.
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CADRE SCOLAIRE
- En partenariat avec le CDDP de Niort, en direction des professeurs des écoles, novembre 2006.
- Dans le cadre du dispositif Classe à PAC de l'éducation nationale, ateliers conte en direction des enfants. Pôle ressource: le Nombril du Monde (Pougne-Hérisson, 79). Contacter directement le: 05 49 64 19 19 (Arnaud Ledoux).
14:50 Publié dans Stage Conte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : stage, conte, amateur
02.12.2006
dernier village avant la ville: contes ruraux et urbains
« Quand la légende surpasse la réalité, on publie la légende »
dernière phrase du film,
L’homme qui tua Liberty Valance, de John Ford.
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En suivant le fil du conteur, ses histoires nous entraînent de la campagne à la ville, du village au quartier, sur les traces d’une mythologie personnelle, évocation de nos vies minuscules et extraordinaires, palette tragi-comique où alternent ambiances et péripéties ; là où la réalité se dispute avec l’imaginaire, et où démêler le vrai du faux est un combat perdu d’avance.
TÉLÉCHARGER LE DOSSIER:
Plaquette_Mail.pdf
"L’enfance est un pays perdu, mon enfance c’est la campagne, la campagne c’est mon pays perdu.
Je raconte la perte de cette terre d’enfance, un pays à la fois heureux et tragique, peuplé de rêves familiers et de cauchemars fondateurs, un pays hors du temps où naissent des légendes inventées qui n’en sont pas moins véritables.
"Un jour, l’autoroute arrive dans le village, l’encercle, le matraque... Autour de la figure d’un grand-père conteur sans le savoir, les contes ruraux parlent d’une terre d’enfance comme d’un pays retrouvé, chroniques de campagne où se mêlent cauchemars fondateurs, traditions et aventures quotidiennes d’un petit village des Deux-Sèvres. Les contes urbains sont synonymes du départ vers la ville, celui du conteur-narrateur à la sortie de l’adolescence, parti à la découverte d’un territoire inconnu, lumineux et bruyant, dangereux et intriguant comme un escalier mécanique s’engouffrant dans la terre.
---------- "extrait de: J’avais un village"-------------------
Et là, je me suis souvenu d’une histoire que me racontait ma grand-mère : une superstition, une croyance qui dit qu’ « un chien, ça porte malheur pendant un orage, que ça attire la foudre, et qu’il faut surtout pas le laisser dans une maison ».
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Le conte urbain réinvente la ville, la poétise, créé des légendes au présent, se nourrit des rues sombres et du fait-divers. Là où se côtoient pour le pire et le meilleur, luxe et pauvreté, rencontres improbables et indifférence ordinaire.
---------- "extrait de: Le chat de la vieille dame"----------
Dagobert Couille en Cœur, règne sur le petit appartement de la vieille dame et sur les toits alentours. Parfois la nuit, on entend ses miaulements de plaisir au milieu des cris des chattes en chaleur. Sa queue est constamment levée en forme de cœur, laissant apparaître ses attributs masculins. D’où son surnom de Dagobert-Couille-en-Cœur !
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Quelle est la part d’enfance qui continue de vivre en nous une fois atteint l’âge adulte ? Un jour, l’autoroute a surgi dans le village de mon enfance, le coupant en deux, le défigurant, j’ai suivi l’asphalte qui conduit vers la ville et l’âge adulte, cet exil ô combien banal et inévitablement extraordinaire.
Tel le rat des villes rencontrant son cousin le rat des champs, il y a d’un côté mes racines campagnardes et familiales et de l’autre une attirance pour le réjouissant tumulte des villes.
------------------- "extrait de: La robe de mariée----------------
Jeannette arpente le bistro en traînant la patte, distribue les cafés et les tutoiements, « Tiens mon canard… »,
« Ça f’ra un cinquante ma chouette… » La journée s’annonce sacrément pénible. Je respire un grand coup et j’ouvre le journal : « Vends robe de mariée, cause annulation mariage. Demander Pauline. »
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Quelque part, quelqu’un fouille dans les tiroirs de famille et les poubelles du coin des rues, pour fabriquer des histoires dont nous sommes les héros.
12:35 Publié dans DERNIER Village AVANT la VILLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas, bonneau, conteur, conte


