14.05.2009

nicolas bonneau

Né en 1973,

dans le sud des Deux-Sèvres,

élevé dans une ferme où la littérature rivalisait d’égal à égal avec les moissonneuses-batteuses,

il est marqué par les histoires rurales,
les contes en patois,
les légendes du Marais Poitevin et celles de la Gâtine,
les romans du XIX° siècle,
la bande dessinée (et surtout Tintin et Astérix),
les westerns de John Ford et Romy Schneider dans Les Choses de la Vie,
les films du dimanche soir quand TF1 n’était pas encore privatisé,
son entraîneur de foot, son prof de Français de seconde et de Philo de Terminale,
les histoires d’Ernest Pérochon racontées par son Grand-Père,
les courses à travers les champs et les slaloms entre les bouses de vaches,
l’amitié avec son copain Ferdinand et les amours débutants,
son premier voyage dans la « grande ville » de Niort pour naître une première fois,
son départ à Poitiers pour l’Université,
sa montée à Paris,...



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CV -------------------

Nicolas Bonneau raconte le monde comme il va, aimant à se glisser dans la peau de ses personnages, passant du comédien au conteur, du narrateur au citoyen.
Un univers où se mêlent chroniques sociales et évènements fantastiques, ville et campagne, petites et grandes Humanités.

Au croisement de l’écriture, du collectage et de l’oralité, il conte comme on réinvente sa vie, là où la réalité se dispute avec l’imaginaire et où démêler le vrai du faux est un combat perdu d’avance. Tellement intuitive et naturelle, son adresse toute particulière impressionne et donne à entendre les fragments d'humanité qu'il aime à collecter. Une sincérité rare qui rend l'artiste précieux.

Il joue actuellement « Sortie d’usine », d’après un collectage autour du monde ouvrier et« Inventaire 68: Un pavé dans l’Histoire », collectage sur les événements de mai 68 et est artiste associé au Nombril du Monde de Pougne-Hérisson (79).

" Sa voix nue fait naître des lueurs qui rougeoient bien après l'extinction des feux"  Télérama sur Sortie d’Usine

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Par ailleurs, il est aussi comédien, à Poitiers, Nantes et Paris, au sein de diverses compagnies :

Cie du Pont-Neuf (théâtre-école), metteur en scène et fondateur du Théâtre d’Alice (auteurs vivants et croisement des arts), Cie Entrées de Jeu (théâtre Forum), Collectif Maàt (Québec), Le Domaine des Possibles (objets et marionnettes),
interprétant particulièrement les auteurs d’aujourd’hui (Beckett, Caro, Jouanneau, S. Kane, Kermann, Koltès, Nothomb, Pieiller) sous la direction de : Solange Oswald, Ursula Mikos, Bernard Grosjean, Anthony Lambert, Nicolas Marjault, Virginie Frappart, Denis Rochard.

Auteur pour le théâtre et la marionnette (Trac en stock, Sida Quoi ça ?, Fil de Fées, Fog et Bobo, Le Système Minorette), de nouvelles et de récits publiés dans différentes revues et aux éditions de La Rue Blanche. Ses pièces ont été représentées à Nantes, Paris, Montréal et dans divers festivals.

Après une année d’apprentissage passée à Montréal, notamment auprès de Claudette Lheureux et au sein de la Maison Internationale du Conte, il revient en Deux-Sèvres à l’occasion de l’été Off du Nombril 2005, avec la complicité artistique d’Anne Marcel.

L'année suivante, en 2006, il obtient le prix du public au Grand-Prix des conteurs de Chevilly-Larue et devient artiste associé au Nombril du Monde de Pougne-Hérisson.

L'ÉQUIPE

Anne Marcel (metteur en scène: Sortie d'Usine, Inventaire 68, Jacques B., ...)

Metteur en scène et comédienne, elle travaille en électron libre avec différentes compagnies depuis 1993. Formation classique au conservatoire de Tours, puis auprès de JL. Cochet, C. Boso, F. Faye, G. de Facques, B. Bidaude, P. Matéo, afin d’acquérir des connaissances pluridisciplinaires. Artiste associée au Nombril du Monde, elle s’intéresse aux formes narratives du spectacle. Elle a notamment créé et mis en scène, « Le petit monde Monsieur Franck » (co-production scène nationale d’Angoulême et Le Beau Monde) et a collaboré à l’écriture et à la mise en scène de « Tracteur Cheval », avec JC. Botton. Elle travaille depuis trois années avec Nicolas Bonneau, assurant la mise en scène de « Sortie d’Usine » et « : Inventaire 68, un pavé dans l’Histoire ».

Jean-Charles Esnault (régisseur principal)

Il éclaire aussi de ses lumières le groupe Montgomery (Rennes), la Cie Hors Cadre, des spectacles de danse ou de cirque...

David Mastretta (régisseur, création lumière de "Sortie d'Usine" et "Inventaire 68")

Avant d’être créateur lumière, notamment pour le groupe musical Julot Torride et différentes troupes théâtrales à Poitiers et dans le Limousin, il a été correspondant local pour le Populaire du Centre, projectionniste, a passé une licence d’ethnologie... De toutes ces expériences, il a acquis une sensibilité propre à nourrir son travail artistique.

David Bregardis (régisseur et créateur de la lumière et bande sonore des "la très véridique et lamentable odyssée ...")

Breton invétéré et  régisseur général du Strapontin, scène des arts et de la parole à Pont-Scorff, il a une longue expérience sur des sites extérieurs et comme créateur pour le conte et le théâtre.

Anne Contensou (metteur en scène: "la très véridique et lamentable odyssée du peuple des nains")

Metteuse en scène et comédienne, Anne Contensou a déjà travaillé aux côtés de Nicolas Bonneau en tant que Dramaturge et assistante à la mise en scène sur le spectacle Nuit d'Orage sur Gaza de Joël Jouanneau (Nantes, 2002).

Titulaire d'un DEA d'études théâtrales, elle enseigne la dramaturgie à l'Université de Jussieu (Paris VII) et anime des formations en direction d’enseignants et d’éducateurs au Nouveau Théâtre d'Angers ainsi qu'au Théâtre National de la Colline.

En 2005, elle fonde avec Magali Jaron la compagnie « Bouche Bée » (Paris 20ème), au sein de laquelle elle réalise sa première mise en scène, Au Bois Lacté de Dylan Thomas. Depuis 2007, elle est engagée au Théâtre de l’Est Parisien en tant qu’artiste permanente. Elle y coordonne les comédiens et auteurs engagés, joue et met en scène des formes brèves pour le festival Le gros bazar, et réalise la mise en scène de Les enfants ont-ils le temps ? de Philippe Crubézy pour le festival 1.2.3. théâtre ! (juin 2008).

Elle met en scène la pièce « jeune public » de Catherine Anne, Crocus et Fracas, en décembre 2008, ainsi que la  pièce de Stanislas Cotton, La dictée, en mai 2009.

 

Ici Même: accompagnement du projet artistique (direction Mael Le Goff, diffusion Noémie Sage et Erwan Rocheron, production Emilie Audren et Muriel Bordier)

13.05.2009

SORTIE D'USINE (création 2007)

SORTIE D’USINE !

[ Récit du monde ouvrier ]


à la rencontre de Gilbert Simoneau...

 

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« Un patron, quand il te donne ça,
dès que tu relâches la pression, il te le reprend aussitôt »



Voir un extrait de Sortie d'Usine (Vassivière, août 2007)

http://www.dailymotion.com/video/x3rnq9_nicolas-bonneau-s...


 

 

écouter un extrait (présentation de l'atelier de confection)

podcast

photos à "l'étincelle", à Rosporden (Finistère, 2009)

http://joomeo.fr/showcase.php?id=79f7c78040cfcb7345ed73a0...

 

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Au sujet de l’Usine.


« Tu vois, se réapproprier sa mémoire,
c’est quand même mieux que de l’oublier, non ? Non ?»
(extrait d’un témoignage)


La question a souvent été posée au cours de ces derniers mois : « pourquoi un tel sujet ?
— Pourquoi tu fais ça ? ont demandé nombre d’ouvriers lors du collectage.
— Un spectacle sur l’usine, hum, intéressant, ont répondu certains autres.
— Ça intéressera personne ton truc !
D’autres encore ont dit : «Pour qui il se prend celui-là, pour parler de l’usine, il est pas ouvrier !», et en général, ce n’était pas des ouvriers non plus.

Alors se pose la question de la légitimité de cette prise de parole.
Et puis, on ne se la pose plus, parce qu’en parler, et essayer de le faire honnêtement, c’est déjà y répondre.


"
Un soir, mon père est rentré, en disant :
— c’est fini, j’arrête l’usine, je me barre. »
On a rigolé.
Ça fait dix ans qu’il dit ça.
— C’est fini, j’arrête, j’en ai marre d’être pris pour un con.
— Il te reste plus que dix ans à tirer, tu peux bien aller jusqu’à la retraite, pourquoi tu fais des histoires, a dit ma mère.
Et il a arrêté son métier de soudeur.
J’ai trouvé ça tellement courageux. Je me suis rendu compte que je ne m’étais jamais demandé ce qu’il avait fait pendant ces 35 dernières années.
Je me suis souvenu qu’à l’école, en face de profession des parents, je mettais "employé d’usine", parce que j’avais honte d’écrire "OUVRIER".
(extrait du spectacle)


On semble parfois oublier, qu’il existe encore en France une classe ouvrière : on délocalise, on met à la retraite, on licencie, on privilégie le secteur tertiaire…
On reste figé sur des clichés d’usine, ceux des années 50, notamment.
Derrière le mot Usine, il y a la culture ouvrière, des familles, des métiers pénibles, des savoir-faire, des rêves, des peurs, des souffrances.
Derrière le mot Usine, il y a ce qu’on imagine, il y a ce qu’on connaît et ce qu’on ne connaît pas. À part les ouvriers, qui connaît vraiment l’Usine ?

Quel est le sens du mot « travail » aujourd’hui ; et d’ailleurs, quel sens a ce mot ?
Quel vocabulaire pour quels gestes ?
Quelles vérités ces hommes et ces femmes ont-ils à nous révéler sur l’évolution de notre société? L’usine a changé depuis 50 ans. Les hommes et les femmes aussi.

Autour du monde ouvrier, la petite et la grande histoire se rencontrent, pour des récits puisés auprès de ceux qui les ont vécus.


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Sortie d’usine : Qui sont-ils ?

Gilbert sort du lotissement qui le conduit chaque matin à l’usine. Un atelier d’usinage dans une usine de chimie lourde. Sa femme travaille dans la confection. Juste à côté, dans le marais, les tuileries ont presque toutes fermé. Ce matin, coup de fil de l’agence d’intérim. Sylvia trouve que le boulot de sa mère, « c’est vraiment l’enfer ». Hier soir dimanche, veille du lundi matin et du boulot qui reprend, Marie-Claire a encore vomi. Il faut souder la cuve dans la poussière de Chrome et de Nickel. L’usine c’est la mort parfois. Parfois aussi, on rigole.
Il y a des usines désaffectées, des montées à Paris pour la manif, des syndicats et des piquets de grèves, des coups de gueules et des coups à boire, des matins difficiles et des quotidiens qui ne demandent qu’à chanter.


"
— Alors, qu’est-ce qu’il vous a appris mon Gilbert ? Il est beau mon Gilbert, c’est un doux, un rêveur, jamais un mot plus haut que l’autre contre son patron. C’est pas vrai, Gilbert ? T’es comme ton père… Gilbert, il s’engage pas…
Gilbert a posé sa main sur la table.
—Demain, 4H00. Je t’y emmène, moi, dans la grande forteresse. "
(extrait du spectacle)



Le spectacle « Sortie d’usine »est aussi une enquête, l’enquête d’un fils d’ouvrier qui cherche à comprendre pourquoi son père a arrêté l’usine au bout de 35 ans.

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Le collectage.

En mai 2006 a commencé une période de collectage dans la région Poitou-Charentes et plus particulièrement en Deux-Sèvres. Donc, des usines dans un contexte rural.

Pendant plusieurs mois, certains ont accepté de parler : des retraités, des actifs, des syndiqués de tous bords, hommes, femmes, militants, résistants, cheminots, infirmières, cadres, patrons…
D’autres ont refusé : « C’est déjà suffisamment pénible en ce moment, avec les licenciements, alors si en plus faut en parler le soir. »
Des usines de différents secteurs se sont laissé approcher: métallurgie, pétrochimie, automobile, plasturgie, confection, chaîne du froid, laiterie, tuilerie, usines désaffectées.

Ils ont ouvert leur porte, celle de leur maison, celle de leur usine, celle de leurs souvenirs.
Ils disaient : « On rien à dire… », mais leurs paroles étaient la vie même.
Les voix se rassemblent, témoignages d’une réalité sociale, d’humains ordinaires qui posent leur regard sur la société, les Petits et les Grands de ce monde, l’évolution du politique et de l’économique, la mondialisation, la famille, le temps qui passe au quotidien, les combats menés et ceux qui restent à gagner.

« Pendant votre spectacle, j’étais en colère,
et puis par moments, apaisé d’avoir entendu ces mots.
On n’entend jamais ces mots au théâtre…»
(extrait d’un témoignage)



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Équipe de création.


De et par Nicolas Bonneau.

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Mise en scène et collaboration à l’écriture :
Anne Marcel.

Metteur en scène et comédienne, elle travaille en électron libre avec différentes compagnies depuis 1993. Formation classique au conservatoire de Tours, puis auprès de JL. Cochet, C. Boso, F. Faye, G. de Facques, B. Bidaude, P. Matéo, afin d’acquérir des connaissances pluridisciplinaires. Artiste associée au Nombril du Monde, elle s’intéresse aux formes narratives du spectacle. Elle a notamment créé et mis en scène, « Le petit monde Monsieur Franck » (co-production scène nationale d’Angoulême et Le Beau Monde) et a collaboré à l’écriture et à la mise en scène de « Tracteur Cheval », avec JC. Botton.

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Lumières :
David Mastretta.

Avant d’être créateur lumière, notamment pour le groupe musical Julot Torride et différentes troupes théâtrales à Poitiers et dans le Limousin, il a été correspondant local pour le Populaire du Centre, projectionniste, a passé une licence d’ethnologie. De toutes ces expériences, il a acquis une sensibilité propre à nourrir son travail artistique.


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Scénographie du spectacle :
Vanessa Jousseaume.

Scénographe, elle co-dirige depuis 2003 la compagnie Les Oreillers Rouges (Chef-Boutonne, 79). Elle s’intéresse particulièrement à l’articulation entre les Arts vivants et l’architecture, le patrimoine. Elle est préoccupée par l’accompagnement scénographique du conte et par la recherche d’équilibre entre le décor et la parole. Elle est également diplomable en architecture.


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Lieux de représentation.

Le spectacle a été créé dans une configuration classique de salle en frontal.
La scénographie et la lumière sont cependant adaptables à des lieux non spécifiquement théâtraux, dans une mise en scène plus minimaliste.
Il est également envisagé de pouvoir adapter l’espace de représentation à des lieux industriels tel que friches, usines, laiteries...



07.05.2009

PRESSE

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SORTIE D'USINE

TELERAMA du 4 juin 2008: Sortie d'usine
Ça commence comme une fresque révolutionnaire, sur un air de flonflons. ??a se poursuit comme une confession, par laquelle le personnage de Gilbert, soudeur, raconte « son » usine... Et puis les choses se mettent en place. Pendant plusieurs mois, Nicolas Bonneau, 35 ans, a collecté des témoignages d'ouvriers en Poitou-Charentes. Il en a fait une pièce de théâtre pour lui tout seul, surtout pas un one-man-show. Sur scène, trois fois rien : un néon, une chaise et, pour lui tenir chaud, un bleu de travail. Dans ce récit à une voix se croisent les figures obligées de l'usine : le retraité, que tout le monde salue d'un « elle te manque tant que ça ? » ; le syndicaliste, qui jamais ne laisse tomber le masque ; la tenancière du café d'en face, un peu la maman des jeunots bizutés à l'établi... La grande force du narrateur est de dire d'où il parle : en homme de théâtre d'abord, mais aussi en fils d'ouvriers, comme il le dira à la fin, en tout cas en jeune homme qui n'a jamais embauché à 4 heures du matin. « L'usine, c'est la mort », répète-t-il.
Chez Nicolas Bonneau, on retrouve aussi les mots de Jean-Pierre Levaray, ouvrier et écrivain, auteur rageur de Putain d'usine (1). Et les gestes du comédien Philippe Caubère (le poing serré autour de l'encolure, notamment)... car de toute cette parole collectée, il faut bien faire théâtre. Nicolas Bonneau mesure ses effets. Sa voix nue fait naître des lueurs qui rougeoient, bien après l'extinction des feux. On n'est pas près d'oublier les filles de l'atelier de couture, les Catherine, Rosita, Amélie, « Pissette » et « soeur Sourire » qui prennent le temps comme il va, entre rires, larmes et crises d'arthrite. Dans ce monde industriel à la dérive, ce sont les figures de femmes, surtout, qui surnagent. La parole féminine, même ici portée par un homme, semble plus libre, moins cassée.
Mathieu Braunstein


UN CONTEUR EN BLEU DE CHAUFFE
D’ordinaire le conteur invente des mondes fabuleux, des fées aux pieds menus, des mangeurs d’enfant, bref des contes à dormir debout. Rien de tout cela avec Nicolas Bonneau qui met sa parole au service des métallos et des petites mains de la confection. On voit bien de quel côté son cœur penche, mais son spectacle n’est pas militant. Sous la lueur glaciale d’un néon (la lumière des établis) Nicolas Bonneau arpente un monde en bleu de chauffe, humble autant que résigné.
Et ce fut un beau moment sans baguette magique, ni sortilège. Le conteur évoque des tranches de vie qu’il emballe avec soin, sans porter de jugement, pour nous les livrer toutes palpitantes.
On a envie de bloquer l’entrée des ateliers quand il hurle : « Y a rien de
pire que de crever au boulot ! C’est plus facile d’user les hommes que les
machines ! ». On rigole sous cape quand il décrète : « La CGT veut tout, tout de suite. La CFDT dit qu’un petit mieux c’est mieux que rien. Et FO soutient mais ne dit rien ». On rit jaune quand il évoque la jeunesse de Catherine « ses parents italiens avaient fui le fascisme de Mussolini, elle ne parlait pas un mot de français quand elle a mis les pieds dans la cour de la communale, et les premiers mots qu’elle a appris furent : “ rentrez chez vous les Ritals ” », et puis on avale une boule d’émotion quand il raconte :
« La fille de Catherine a toujours pensé que le travail de sa mère c’était nul : coudre toute sa vie dans un atelier. Quand la fille s’est mariée, Catherine est venue une heure plus tôt à l’usine pendant un mois pour faire la robe de la noce. Sa fille, pour la première fois de sa vie, a pensé que, ce que faisait sa mère, c’était bien. » Plus le spectacle avance, plus on les aime ces personnages un peu ternes et très dignes. On a envie de serrer la main du délégué syndical qui s’est engagé dans la lutte parce qu’un jour il a touché comme tous ses collègues une prime de 100 F qu’il n’avait pas méritée, parce que son patron ne voulait pas d’histoire dans son usine pendant mai 1968 et qu’il payait des jours de grève factices.
Ce spectacle reste longtemps dans la tête, on y repense le lendemain. Quelle est sa part du vrai et d’imaginaire ? Qu’importe puisque tout cela sonne juste et fort comme la sirène de l’usine quand elle annonce l’heure du débrayage
Philippe L’EXCELLENT, la Nouvelle République

FESTIVAL DÉBIT DE PAROLES
Initié au conte dans une cuisine québécoise et autour d’une bière par la grande Claudette Lheureux,
Nicolas Bonneau travaille le conte à sa mesure et marie sa ruralité d’origine aux mythes urbains bien contemporains. Il organise une rencontre actuelle entre les mondes d’hier et ceux qui nous attendent.
Il a la générosité pudique des gens de la terre et la loufoquerie nécessaire à un artiste au cœur de son époque. Saisissant !
Laurence Cassignard, mai 2007




HOMMAGE ÉMOUVANT AU MONDE OUVRIER
Dans un décor minimaliste soit deux grilles métalliques et un néon pour l’univers froid des ateliers et une chaise pour l’écoute et la chaleur humaine, Nicolas Bonneau joue tour à tour les personnages dans une galerie de portraits impeccablement dressés. Leurs voix témoignent d’une réalité qui ne fait pas souvent la une aujourd’hui. Il a donné toute la mesure de son talent par des textes à la fois émouvants et drôles soutenus par une gestuelle et des sonorités répétitives.
Le Courrier de l’Ouest. 28 février 2007.


"SORTIE D'USINE", vue par Karine Mazel-Noury, conteuse, octobre 2009, OU COMMENT L'HUMAIN RÉSISTE À LA MACHINE

La machine Usine, les machines de l'usine ou l'usine capitaliste. Nicolas Bonneau est là; présent à lui même et à son histoire, présent au public aussi. Complètement là. Il raconte, témoigne de son histoire; celle récente de son collectage mais aussi, en filigrane et avec pudeur, celle de sa relation à son père ouvrier. Il prête son corps sa voix à ses personnages pour faire exister, au milieu des différents récits, des scènes de vie. Alors émerge un théâtre du jeu et de l'incarnation, celui auquel se livrent les enfants dans les cours de récréation. Celui qui n'a besoin que de l'espace intérieur de l'acteur pour se déployer à l'extérieur. Le rythme et onomatopée font exister, avec la répétition de gestes, la presse, le tour, la machine à coudre dans une version libre des "temps modernes".

Les lumières découpent l'espace et accompagnent le spectateur dans les différents lieux du récit. Elles font office de décor minimal et sensible. Le plateau est en transformation permanente, la mise en scène dynamique et précise. Dans ce spectacle on ne s'installe jamais. La parole est rapide et rythmée, dans une sorte d'urgence. La chaise roule, traverse le plateau, et accueille tour à tour la parole du témoin, celle du conteur et celle des personnages.

Le récit n'est pas installé dans une chronologie. D'abord du bruit, puis un rêve, puis l'usine représentée, l'action se suspend."Pause syndicale" Nicolas Bonneau nous raconte ses rencontres, ses doutes, l'histoire du spectacle. L'action suspendue au début reprendra bien plus tard, peu importe, la construction est claire, on est jamais perdu. C'est une sorte de grande histoire à tiroirs dont on ne perd jamais le fil. Nicolas Bonneau n'a pas tendu de miroir déformant aux ouvriers (ères), il les présente comme ils/elles sont, comme nous sommes : tour à tour humbles et magnifiques.
C'est le bal de la comédie humaine vu de l'usine. C'est cruel certes, mais toujours léger.



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INVENTAIRE 68, UN PAVÉ DANS L'HISTOIRE


FESTIVAL D’AVIGNON< L’envie de 68 < Charles Sylvestre < L'Humanité


Nicolas Bonneau, n’oubliant pas d’où il vient, a présenté deux spectacles qui évoquent la classe ouvrière.

Au début, on a toutes les craintes : aïe ! Encore l’imagerie de mai, le saint-sulpicien de 68 ! Revoici le « rouquin » de Nanterre (Cohn-Bendit), le refrain sur les ismes, l’amour débridé. Et, puis, au fil de son Inventaire 68, Nicolas Bonneau s’échappe de la mythologie pour finir à la fac de Nantes par une scène poignante entre un discours de « Dany » et une intervention de syndicalistes ouvriers.
Son secret est dans le préambule : Nicolas Bonneau n’était pas né en 1968. On a presque envie de dire : tant mieux ! Parce que, faute d’avoir vécu la chose, il la fantasme, un peu comme Caubère joue dans sa chambre d’enfant de Gaulle et Mauriac. Ce qui paraît de la candeur devient un récit initiatique par la grâce de sa simplicité. On dit qu’à l’origine du théâtre en Afrique, il y a le récit du retour de la chasse. Bonneau revient de la chasse à 68. L’histoire de Pierrot, fils d’ouvriers, et de Juliet (avec un seul t), fille de bourgeois, héros de l’amour à la Godard et de la révolution à la Guevara, frôle le roman-photo. Mais ce n’est pas Nous Deux et sa cucuterie, c’est plutôt ma Môme de Ferrat et sa fraîcheur.
Sur 68, chose rare, Bonneau enchaîne, sans les confondre, l’utopie de la jeunesse, ses emportements, sa générosité, ses excès, et le rappel à la réalité du mouvement ouvrier, son poids de vie, la gravité de son expérience, sa franchise sans complaisance, jusqu’à ces mots du père de Pierrot : j’espère que mon fils, à Nanterre, n’a pas oublié d’où il vient, ce « saligaud ». Au final, tout s’éclaire, ce n’est plus le Pierrot de 68 qui est en scène, c’est le Nicolas Bonneau de 2008. Monté sur un cube, il apostrophe le monde : pourquoi ne nous a-t-on pas dit, pourquoi ne nous dit-on plus que la politique pouvait changer la vie ? ! Et, dans un ultime clair-obscur, sur une valse endiablée de Brel, de lancer symboliquement des pavés, comme pour liquider les liquidateurs de 68.
Ce parti pris se comprend mieux avec l’autre représentation, plus « fondamentale », donnée par Nicolas Bonneau : Sortie d’usine (1). Remontée, grâce à un patient collectage dans son Poitou, dans l’histoire ouvrière d’une usine, de ses personnages, impressionnante de vérité et de rigueur. Un couple de représentations comme on dit un couple de forces. Nicolas Bonneau n’a pas oublié d’où il vient.
C’était à la Manufacture.
Ces deux spectacles tournent cet été.
Charles Silvestre, L'Humanité, Juillet 2008

Fils de Prolo.
Nicolas Bonneau a décidé de se coltiner à Mai 68. Son spectacle part de la petite histoire. Celle de Juliet et Pierrot, la bourge et le fils de prolo, qui sont quelque part les héros de la mythologie de Mai au côté d'un "petit rouquin insolent". Un "Inventaire 68" qui ne se prend pas la tête, en restituant couleurs, mots, marques et ambiance. Le goût 68.
Frédérique Roussel. Libération. 12 avril 2008

Images projetées et tubes de l'époque ponctuent son récit, de Françoise Hardy aux Stones en passant par Brel. Mais sa parole n'est pas celle de la nostalgie. Bien sur il se moque des idéologies en "-isme" qui ont fait florès. Et l'évocation du "petit rouquin insolent" qui harangue Pierrot et ses camarades ne manque pas de faire rire la salle. Mais il y a aussi de la tendresse pour le romantisme révolutionnaire de 68. Nicolas Bonneau a la finesse d'aller au-delà de l'inventaire. S'il met en scène cette mythologie de 68 qui nous est si familière, c'est pour faire résonner 2008. Et lancé son pavé contre les donneurs de leçons, d'hier et d'aujourd'hui, qui voudraient brader cet héritage-là. Démarche salutaire.
Corinne Bourbeillon. Ouest France. 9 avril 2008




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DERNIER VILLAGE AVANT LA VILLE (conteur)
Montréal.

Dans le cadre intime du Sarayevo, Nicolas Bonneau, jeune conteur français résidant actuellement à Montréal, nous entraîne de sa voix qui sait rendre palpable le silence, de ses gestes précis, dans des contes qui sont autant de couleurs et d’ambiances. Entre un marchand de quenouilles, errant de ferme en ferme, et une boîte de nuit où apparaît le diable, ce conteur possède une présence envoûtante.
Michel Parent, Quebecpop, Novembre 2004.

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TRAC EN STOCK (auteur et comédien)


Un univers Célinien
L’acteur Nicolas Bonneau donne une implacable interprétation du texte qu’il a écrit. Ecumant tous les travers de l’espèce humaine, la pièce Trac en Stock nous engloutit dans l’univers célinien, celui de la misère humaine où le spectateur passe continuellement du rire au malaise.
Ouest France, 24-04-1998.

Entre rêve et réalité
A la fois drôle et émouvante, la pièce traite de déconvenues amoureuses et existentielles de Paul Rimini, 30 ans, interprété par l’auteur de Trac en Stock, Nicolas Bonneau. Entre une mise en scène épurée, une écriture sans ambages ni détours et un jeu d’acteur étonnant, la pièce séduit le public par son humour décalé et son ambiance mêlée de rêve et de réalité.
Le Courrier de l’Ouest, Niort, 03-06-1998.
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SIDA QUOI çA ? (auteur)

Première surprise : découverte d’un nouvel auteur qui a souhaité écrire spécialement pour notre action ce court texte. Une belle écriture concise, ludique, exigeante et claire. La scène est légère, remplie d’une naïveté adolescente et traite avec fantaisie de cette chose grave qu’est le sida, en passant par l’importance de la rencontre amoureuse, la peur, les questions. Le ton est enlevé et drôle. Un rythme « ping-pong » lié à l’écriture composée de répliques courtes genre « C’est quoi ça ? - Sida - Sais pas »
La lettre du Clastic, Paris, 05-12-2002.

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FIL DE FÉES (auteur)

Tout occupées à leur tâche, ces trois démiurges (les Parques) déroulent le fil d’un conte connu de tous, la Belle au bois dormant. Le récit de Charles Perrault prend ici un tout autre relief. Nicolas Bonneau, auteur de cette création, joue avec les éléments clés de cette histoire (les fées, la quenouille, l’aiguille, la vie en suspens). Une lecture tout à fait originale d’un conte fondateur, qui a pour objectif de « révéler que nous sommes un petit bout du grand fil de l’humanité ».
Figaroscope, 13-10-2004.